Autrement dit, on a accusé Ève durant des millénaires pour quelque chose que l'on s'est toujours vanté, c'est-à-dire, d'être une créature dotée de raisonnement.
Méchante gang de tapons, que ceux qui ont écris la Bible!
Impératrice ou rien
Marcia, elle danse sur du satin, de la rayonnec'est que trop bon.... "marcia.... marcia... marcia!!" :D
Du polystirène expansée à ses pieds
Marcia danse avec des jambes
Aiguisées comme des couperets
Deux flêches qui donnent des idées
Des sensations
Marcia, elle est maigre
Belle en scène, belle comme à la ville
La voir danser me transforme en excité
Moretto
Comme ta bouche est immense
Quand tu souris et quand tu ris
Je ris aussi, tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid que l'on sent en toi?
Mais c'est la mort qui t'a assassinée, Marcia
C'est la mort qui t'a consumée, Marcia
C"est le cancer que tu as pris sous ton bras
Maintenant, tu es en cendres, cendres
La mort, c'est comme une chose impossible
Et même à toi qui est forte comme une fusée
Et même à toi, qui est la vie même, Marcia
C'est la mort qui t'a emmenée
Marcia danse un peu chinois
La chaleur
Dans les mouvements d'épaules
A plat
Comme un hiéroglyphe inca
De l'opéra
Avec la tête
Elle danse aussi très bien
Et son visage
Danse avec tout le reste
Elle a cherché
Une nouvelle façon
Et l'a inventée.
C'est elle, la sauterelle
La sirène en mal d'amour
Le danseur dans la flanelle
Ou le carton.
Moretto
Comme ta bouche est immense
Et quand tu souris et quand tu ris
Je ris aussi, tu aimes tellement la vie
Quel est donc ce froid
Que l'on sent en toi ?
Mais c'est la mort
Qui t'a assassinée, Marcia
C'est la mort
Tu t'es consumée, Marcia
C'est le cancer
Que tu as pris sous ton bras
Maintenant
Tu es en cendres, en cendres
La mort
C'est comme une chose impossible
Pour toi
Qui est la vie même, Marcia
Et même à toi
Qui est forte comme une fusée
C'est la mort
Qui t'a emmenée
Marcia ...
Ma bulle est crevée, le flot de mon amertume s’échappe.
Je n’ose espérer la rédemption.
Le calme.
Mes mains se tortillent sur mon ventre.
La boule de rancœur grossie.
Sa circonférence me fait peur,
Je crains les conséquences.
Mon humeur varie,
Je ne sais trop.
Mes orteils gigotent
Ça me fait rigoler.
Je souris,
Il était temps.
Brusquement, mon cœur fait un bond, j’hésite. Je n’ose le faire, mais la pensée flotte en moi. Elle est insistante. Ses mains caressent mon bras et mon cou. Si douces. Des caresses innocentes, mais peut-être lourdes de sous-entendus, je ne sais trop. J’ose à peine y penser, mais pourtant je m’abandonne à ses mains, à sa chaleur. Les idées tourbillonnent dans ma tête. Mais joues sont chaudes, je le sais, je les sens. Mon cœur bat vite. J’ai des fourmis dans les mains.
La télévision joue, mais je suis incapable de dire ce qui s’y passe. Je suis occupée ailleurs, dans ma tête, mes inconstances. Son souffle dans mon cou. Je suis troublée. Mon cœur bat plus fort, il va éclater. Ses bras m’entourent, je suis bien.
Et soudainement, je me dis que si je ne le fais pas là, maintenant, tout de suite, je le regretterai. Et si..? Je ne sais trop. Mes idées s’emballent, mais une plus violente, plus persistance m’obscurcit la vue. Mon cœur bat la chamade si fort que j’en tremble certainement.
Je me retourne, maladroitement. Je le regarde dans les yeux quelques secondes.
Notre premier baiser.
Ma tête comme une bulle de savon, près à exploser en millions de minuscules gouttelettes dorées. Je souris trop, mon cœur bat trop fort.
travail de fragment autour d'un thème général
Eugène
Un brouillard enveloppait son regard, ses pensées. Son avenir était incertain, son présent précaire et son passé inconnu. Mais qui étaient ces visages souriants? Ces mains douces qui pressaient la sienne? Dehors, le jour était levé, quelques oiseaux chantaient. Avait-il donc déjeuné? Qu’avait-il mangé? Mais pourquoi l’appelaient-ils grand-papa?
Antoine
Tous les soirs, Antoine se couchait, triste. La vie n’avait plus rien à lui offrir. Le chant des oiseaux ne lui semblait plus que le grincement d’une porte qui se ferme et le bleu du ciel, une bouche qui l’avale. Bref, Antoine était vieux.
Cécile
Une cuisine festive, une table pleine, des gens heureux. Une vie remplie.
Thérèse
Un souvenir perdu, un anneau usé, une maladie qui ronge. Un enterrement.
Jean-Gilles et Henriette
Un enchevêtrement de quatre mains ridées autour d’un baiser aux allures de vieil écorce.
Denise et Roger
Denise regarda Roger. Denise dit alors « oui ».
Et Roger fut débranché.
Louisette
Louisette regarda ses mains ridées. Louisette regarda son corps flétri, ses seins vides et pendants. Louisette regarda ses bas de contention qui retenaient ses jambes fanées. Louisette regarda son ventre flasque, ses bras aux gras tombants. Louisette pleura.
Arnold
Il éclata d’un rire immense, son ventre rebondi secoué par les soubresauts de son hilarité. Il secoua les boucles enfantines et remercia son heureuse petite-fille de son merveilleux dessin.
Rita
Rita secoua ses boucles permanentées orange. Elle se regarda dans le miroir, s’aspergeant d’un nuage de parfum, fleurant bon la vanille, et sourie à son reflet. Depuis tant de mois, tous ces sourires coin, ces œillades enjôleuses, ces paroles à peines voilées, tous ces sous-entendus… Ce soir, elle allait revivre l’extase dont elle avait été privée si longtemps. Ce soir, Monsieur le Curé fera des galipettes.
Sylvain
Sylvain prit une grande respiration et regarda autour de lui, sa famille réunie. Il leur annonça ensuite qu’il était en phase finale.
Célestine
Elle rigola lorsqu’elle vit son fils se faire mettre à terre par son petit-fils, tout en leur faisant sa spéciale tarte à la pomme.
Juliette
Elle pensa, en le regardant marcher le dos droit malgré sa canne, qu’un amant ne lui ferait pas de mal.
Mélissa
Elle regarda sa grand-mère roucouler avec son nouvel amant et se dit que les personnes flétries ont aussi droit à une vie sexuelle.
"oh yeah, je vais faire la grasse matinée demain! je me lève à 6h 30, wahou!!"c'est parce que tu te lève un peu trop tôt, ces temps-ci.
Lundi, le vieux-port de montreal. en espérant avoir pas trop d'accidents...
L’arabe pris ce qui restait de sa femme dans ses bras.
Se traîna, parmi les débris, à la recherche de son fils.
Ce qui restait de sa femme, toujours dans ses bras.
Il le trouva, un peu plus loin,
Parmi les débris d’un ancien restaurant.
Il y manquait le pieds gauche.
Le sang de sa femme, le sang de son fils
Sa chemise était rouge.
La vie de l’arabe, parti en fumée,
En bombes,
En cris.
Il poussa un hurlement, digne de sa fureur
Mais la fureur l’avait quittée il y a bien longtemps.
Lorsque sa fille aînée fut tuée sous une bombe.
Il continua à hurler, à pleurer.
Sa détresse.
Un soldat qui passait par là,
Se senti menacer par la peine de l’arabe.
Leva son AK-47.
Le cri cessa
Un troisième corps,
un trou dans la tête.
-La chute sera terrible, mon Président! Ils sont à nos portes, nos agents ne pourront pas tenir plus longtemps, tout va s’effondrer... Le pays est à feu et à sang, mon Président! il faut fuir, mon Président! Le peuple vous veut!
-Mais pourquoi font-il cela? N’ai-je donc pas été un bon dirigeant pour eux?
Sur cette phrase, le chef de la sécurité ouvra et ferma la bouche, imitant les poissons. Un bon dirigeant, bonne question…

Le cadran indiquait 21 heures. Un peu tôt pour un dimanche soir. Je sors de ma chambre insalubre, miteuse, aux odeurs vagues de moisissure. Une chambre où l’humidité suinte des murs. Autrement dit, tout ce qu’il y a de plus accueillant pour une putain. Je suis en manque. Ma chambre quittée, des étourdissements me prennent. Mes genoux tremblent. Je m'adosse aux murs du corridor, essayant de reprendre mon équilibre. Je suis vraiment trop en manque. Mes veines crient leur carence. Il faut que j’aille m’en acheter. Il faut que je me fasse un client. Là, au plus vite. Pour l’argent. Pour la dope.
Je reprends mon souffle. Il faut que je sois un peu présentable, au minimum. Pour attirer quelqu’un. Sauf que, je sais pertinemment qu’un client vraiment en manque prendra toujours n’importe quoi. Pourvu que ça satisfasse ses désirs. Mais je me peigne quand même les cheveux dans le miroir de l’entrée. On a beau être pute, on est quand même coquette.
Je marche dans la rue. Je me dandine le cul. Il me faut un client au plus vite. Du cash. Et de l’héro pour mes veines. Je m’arrête à un stop. Il y a d’autres filles qui sont là. J’en connais certaines, d’autres sont des nouvelles. Je m’informe si l’un de mes contacts est dans le coin. Burn n’est pas loin. Il sera sûrement encore là, après.
Je regarde les nouvelles. Elles sont encore toute fraîches, pleine des illusions de leur pimp. On commence toujours en amour. Mais la réalité finit toujours par nous rattraper. Et l’horreur. Et le désespoir. On finit par avoir la claque des illusions en pleine gueule. Fatalité.
Je les entends parler entre elles. Ce sont des vierges. Encore aucun client. Mais justement, une auto s’arrête près de nous et embarque l’une des nouvelles. La première fois c’est toujours comme si ton monde s’écroulait. Et la claque qui vient. Pis en pleine face.
J’attends encore quelques minutes. Se dandiner le cul ne me réchauffe pas plus que ça. C’est drôle à dire mais, l’hiver j’ai toujours hâtes de me faire embarquer. Un peu de chaleur sur ma peau. À défaut d’être de la chaleur humaine, j’ai celle de la ventilation.
Le voilà, mon client. Une Honda rouge. Il est bien habillé, complet-cravate. Il doit être de ceux qui ont femme et enfants mais qui ont des fantasmes si pervers qu’il n’ose pas les avouer à leur bonniche de femme. Je ne les aime pas. Eux, ils se contentent rarement d’une pipe. Ils en veulent plus. Beaucoup plus.
J’embarque quand même, l’appel de l’héro est plus fort que tout. Il ne me parle pas Il ne me regarde pas. Je n’ose lui demander où il m’emmène. Ni ce qu’il veut.
Un motel. Aussi miteux que ma chambre. Il ne dit toujours rien.
Je le suis, sans rien dire. Je passe ma main dans mes cheveux, nerveuse. Sa démarche, son air, je ne sais pas. Il me fait peur. Je n’avais pas bien remarqué dans l’auto, mais maintenant qu’il loue la chambre, je commence à sentir ces frissons glacés me parcourant l’échine. Par expérience, je sais que mon intuition me trompe rarement. Et ces frissons m’indiquent le pire.
Puis, je ne sais pas pourquoi, malgré l’appel de l’héro dans mes veines, je ne veux plus rester. Tandis qu’il paye la chambre, je retourne sur mes pas, marchant le plus rapidement possible. Sans me retourner.
J’atteins le stationnement quand, soudain, je le sens qui m’attrape le bras d’un geste brusque. Il me le broie. Je n’ose crier, mais un soufflement rauque s’échappe de mes lèvres. J’essais de me dégager, mais il est plus fort que moi. Il m’entraîne dans la chambre.
Arrivé à la chambre, il me jette sèchement sur le lit. Angoissée, je pousse un hurlement aigu. Il part à rire et me dit de continuer, qu’il aime ça, les salopes qui crient. Tant mieux, car je ne peux plus m’arrêter. La rage s’empare de moi et je me mets à hurler, à me débattre, à mordre.
Il me roue de coups, me lance sur le mur. Je cesse de crier.
Tout tourne, je suis complètement assommée, à sa merci.
Je suis un corps flasque, je sens mon sang couler sur mon visage, le long de l’arrête de mon nez. Je ramasse le peu de force qui me reste et l’essuie. Il s’est assis sur le lit, me regarde. Une lueur perverse traverse son regard.
Je suis avachie sur le plancher. Je me redresse sur mon coude, écartant de mon visage les mèches de cheveux rendues visqueuses par le sang. Ma bouche est sèche mais je lui crache à la figure de prendre ce qu’il veut et de décâlisser.
Il se lève et s’approche de moi. Il s’agenouille à ma hauteur, me prend le menton et m’embrasse violemment avant de me foutre une baffe en pleine gueule. Je ne sens plus ma joue gauche. Je ne comprends plus. Je ne me débats plus. Qu’est-ce qu’il veut?
Il se relève et me fout un coup de pied dans le ventre. Il continue à me battre.
Lorsque je ne suis plus qu’un corps inerte, ensanglanté, il me couche sur le dos et me déshabille. Puis il enlève son pantalon. Il s’étend sur moi. Je n’ai plus la force de le repousser.
Il commence son va-et-vient brutal en moi. Je gémis faiblement de douleur, tourne la tête de côté, je ne veux plus le voir. Mais je suis pute et j’endure.
Soudainement, il m’enserre la gorge de ses mains, tout en poursuivant. Il m’étouffe, il m’étrangle.
Un sifflement sourd sort de ma gorge. J’essais, de mes dernières forces de l’en empêcher. Mais il est plus fort que moi. Ses doigts continuent de serrer ma gorge. Je sens mon souffle me quitter.
Il est en train de me tuer. C’était donc ça, son fantasme?
En quelque part, je m’en fous de mourir. Je ne vivais plus véritablement depuis longtemps. Mon âme était morte et mon client, lui, est juste en train de finir le travail.
Malgré tout, je ne suis pas si inoffensive que ça. Même s’il me tue cette nuit, je l’aurai quand même tué moi aussi. Mais d’une mort beaucoup plus horrible, lente et pernicieuse : le sida.
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